Le principe actuel : l'entretien se déduit
Tant que la valeur locative est imposée, la logique est symétrique : vous déclarez un revenu fictif pour le logement que vous occupez, et vous déduisez en contrepartie les frais qui maintiennent le bien en état. Les travaux d'entretien — réparer, remplacer à l'identique, rafraîchir — viennent réduire votre revenu imposable, au fédéral comme au cantonal.
Entretien ou plus-value : la distinction qui fait tout
Beaucoup de chantiers mélangent les deux : une cuisine remplacée avec un agencement supérieur contient une part d'entretien et une part de plus-value. La ventilation se fait facture par facture — c'est précisément là qu'un dossier de chantier bien tenu prend de la valeur fiscale.
Forfait ou frais effectifs : choisir chaque année
Chaque année fiscale, vous choisissez entre la déduction forfaitaire — un pourcentage de la valeur locative, généralement 10 à 20 % selon l'âge du bâtiment et le canton — et les frais effectifs. Année sans travaux : forfait. Année de rénovation : frais effectifs. Ce choix se refait librement chaque année.
Rénovation énergétique : le régime le plus favorable
Isolation, fenêtres, remplacement d'un chauffage fossile : ces investissements sont aujourd'hui déductibles même lorsqu'ils apportent une plus-value, et l'excédent qui dépasse votre revenu peut se reporter sur les deux périodes fiscales suivantes. Combinés aux subventions du Programme Bâtiments, ils bénéficient du meilleur traitement financier de tous les travaux.
Étaler les travaux : l'optimisation classique
La progressivité de l'impôt récompense l'étalement : de gros travaux répartis sur deux ou trois années fiscales écrêtent davantage de revenu imposable qu'en une seule fois. Le calendrier du chantier et le calendrier fiscal se planifient ensemble — dans les limites de ce que la technique impose.
Ce qui change : la fin de la valeur locative en 2029
Le 28 septembre 2025, le peuple suisse a accepté à 57,7 % la suppression de l'imposition de la valeur locative. Entrée en vigueur annoncée : le 1er janvier 2029. À cette date, pour les résidences principales, la valeur locative disparaît — et avec elle l'essentiel des déductions pour entretien et rénovation, ainsi qu'une large part de la déduction des intérêts hypothécaires.
Pour les propriétaires qui prévoient de gros travaux d'entretien, les années 2026 à 2028 sont les dernières où ces montants se déduisent du revenu imposable selon les règles actuelles. Un argument de calendrier, pas de précipitation : un chantier mal préparé coûte plus cher que l'économie d'impôt.
Un mot de prudence
Chaque canton applique ses propres barèmes, et chaque situation personnelle est différente : cet article donne le cadre général, pas un conseil fiscal. Pour votre cas précis, votre fiduciaire ou l'administration fiscale cantonale restent les bonnes adresses. Notre rôle à nous : des factures propres, ventilées entretien / plus-value, qui rendent leur travail — et votre déclaration — simples.
